APPENDICE


Appendice
213

I. – ÉTATS DE SERVICE DE GUERRE.


           René Quinton, né à Chaumes (Seine-et-Marne), le 15 décembre 1866, était capitaine d'artillerie de réserve et dans sa quarante-huitième année quand, le 2 août 1914, la mobilisation fut ordonnée. Rappelé à l'activité sur sa demande, il servit au 29e régiment d'artillerie, au 1er régiment d'artillerie à pied, au 10e régiment d'artillerie, aux 118e, 318e, 338e et 452e régiments d'artillerie lourde. Le 26 mars 1919, il était nommé lieutenant-colonel à titre définitif. Démobilisé le 3 juillet 1919, il avait pris part aux batailles suivantes :
           Amiens, 30 août 1914.
           Courcelles-le-Comte, Achiet, Buquoy, Les Essarts, du 28 septembre au 4 octobre.
           Hannescamps et Bienvilliers-au-Bois, du 4 au 11 octobre.
           Ransart et Monchy-au-Bois, du 13 au 22 octobre.
           Wailly, du 23 octobre au 2 novembre.
           Nieuport, du 7 au 9 novembre.
           Passage de l'Yser, le 10 novembre.


Appendice
214
           Lombardzyde, le 11 novembre.
           Nieuport, du 12 novembre 1914 au 3 juin 1916.

                      Bataille de la Somme.

           Suzanne, du 8 juin au 4 juillet 1916.
           Curlu, du 5 juillet au 25 août 1916.
           Maurepas, du 26 août au 25 septembre 1916.
           Rancourt, du 26 septembre au 2 novembre 1916.

           Roye-Beuvraignes, du 10 mars au 17 mars 1917.
           Roiglise, Champien, Solente, Ercheu, le 18 mars 1917.
           Champagne (Moronvilliers), du 27 mars au 23 juin 1917.
           Verdun (Mort-Homme, Cote 304), du 10 juillet au 3 septembre 1917.
           Champagne (Saint-Hilaire-le-Grand), du 6 septembre au 15 septembre 1917.
           Aisne (Laffaux), du 28 septembre au 1er novembre 1917.
           Champagne (Trigny), du 18 février au 17 mars 1918.
           Champagne (Reims), du 17 mars au 27 mars 1918.
           Montdidier, du 4 avril au 29 avril 1918.
           Reims, Brimont, du 24 mai 1918 au 30 juin 1918.
           Ourcq, Soissons, du 18 juillet au 6 août 1918.
           Offensive de Lassigny, du 8 au 14 août 1918.
           Offensive de Champagne, Navarin, Somme-Py, Saint-Étienne-au-Temple, du 26 septembre 1918 au 9 octobre 1918 ; Coulomines, Attigny, Terron, du 1er au 8 novembre 1918.

Appendice
215

II. – BLESSURES.


           1° Le 1er novembre 1914, à Lombardzyde, éclat d'obus à la nuque.
           2° Le 11 novembre 1914, à Nieuport-Ville, dans l'effondrement d'un pont, contusions multiples à la tête, au pavillon de l'oreille gauche et à la jambe droite.
           3° Le 14 novembre, à la Tour des Templiers (Nieuport-Ville), contusion par éclat d'obus dans la région malléolaire de la jambe gauche.
           4° Le 16 décembre 1914, à Nieuport-Ville, blessure superficielle par éclat d'obus, de l'extenseur du gros orteil du pied gauche.
           5° Le 28 décembre 1915, à Nieuport-Ville, contusion de la face (région zygomatique) et plaie superficielle à l'extrémité nasale, par éclat d'obus.
           6° Le 2 avril 1916, à Nieuport, plaie linéaire de trois centimètres au niveau de la malléole interne gauche, par éclat d'obus.
           7° Le 2 février 1917, escharre du talon droit. Nombreuses ecchymoses à la face plantaire des deux pieds et des orteils. Séquelle de gelure des pieds. (Entré le 15 février 1917 à l'hôpital auxiliaire n° 69 : « A eu, il y a deux ans, les pieds gelés. Depuis trois semaines une escharre s'est formée au talon droit. » Sorti le 9 mars 1917 : « La plaie, depuis quelques jours fermée. L'épiderme autour reste très délicat. Désire reprendre son poste au front. »)
           8° Le 4 octobre 1918, à la ferme Médéah, fracture de l'acromion et arrachement des ligaments de l'épaule gauche par éclat d'obus.

Appendice
216

III. – CITATIONS, DÉCORATIONS, TÉMOIGNAGES.


           Le 26 novembre 1914, nommé chevalier de l'Ordre de Léopold par S. M. le roi des Belges, « pour le courage et le dévouement montrés dans le sauvetage des archives de Nieuport. »


           Le 23 décembre 1914, citation à l'ordre de l'Armée : « Officier de la plus rare intrépidité, dont il est impossible de résumer les actes de bravoure. Ne cesse de donner le plus bel exemple de sang-froid, d'énergie et d'entrain. A été blessé à trois reprises différentes, dont une fois assez sérieusement. Signé : FOCH. »


           Le 3 août 1915, lettre de M. le général Bridges, chef de la mission britannique auprès de l'Armée Belge, à M. le général Hély d'Oissel, commandant le 36e C. A., rendant hommage aux services rendus par le commandant Quinton aux artiIleurs anglais. « La collaboration constante du commandant Quinton a contribué largement à l'efficacité du tir de nos pièces, à Nieuport, pendant huit mois. J'ai déjà eu le plaisir d'informer le Maréchal French de la belle conduite de cet officier. Signé : BRIDGES, brigadier général, chef de mission. »


           Le 6 août 1916, citation à l'ordre de l'Armée : « A fait preuve, dans le commandement d'un groupe lourd, des plus belles qualités de calme et de sang-froid sous le feu violent de l'ennemi. A suivi les premières vagues d'infanterie pour reconnaître de nouveaux observatoires et, par la précision et l'à-propos de son tir, a contribué aux succès des attaques de juillet 1916. Signé : A. FAYOLLE. »



Appendice
217

           Journal Officiel du 27 septembre 1916 : « Officier d'une bravoure remarquable. N'a cessé de faire preuve des plus belles qualités de sang-froid et d'énergie dans le commandement de son groupe, dont il a fait une unité de premier ordre. Cité et six fois blessé depuis le commencement de la campagne. A déjà reçu la Croix de Guerre. Admissible au traitement de chevalier de la Légion d'honneur. »


           Le 25 mars 1917, Croix de guerre belge.


           Le 27 avril 1917 : « Le colonel commandant l'artillerie du 17e corps d'Armée a adressé au chef d'escadron Quinton, commandant le 5e groupe du 118e d'artillerie lourde (canons de 105 long) et à son personnel, ses félicitations au sujet des résultats remarquables obtenus au cours d'un déplacement effectué le 22 avril. Départ à 3 heures des positions 551ter et 553ter, trajet de 6 à 7 kilomètres, pour atteindre les nouvelles positions vers le Bois des Écoutes. À 7 h. 15, les batteries du groupe ont tiré chacune avec une pièce sur plateforme définitive. Deux heures plus tard, une des deux batteries (lieutenant Choiset) était sur plateforme, prête à travailler avec avion. Le colonel commandant l'artillerie lourde porte à la connaissance des commandants d'unité ce témoignage de satisfaction, et cite en exemple l'effort donné par le 5e groupe du 118e. Signé : LIBMAN. »


           Le 25 mai 1917, citation à l'ordre du corps d'Armée : « Sous les ordres du commandant Quinton, le 5e groupe du 118e régiment d'artillerie lourde s'est, depuis le début de la campagne, distingué d'une façon remarquable dans toutes les opérations auxquelles il a pris part, et au cours desquelles chacune de ses batteries a été



Appendice
218

citée à l'ordre d'un corps d'Armée. À Maubeuge, d'où l'une d'elles s'échappe, à Nieuport pendant vingt mois en toute première ligne, il subit les pertes les plus cruelles sans laisser fléchir son moral. Sur la Somme et sur l'Oise, il montra la même endurance et la même énergie qu'il vient de prouver encore sur le front de Champagne. Dès son entrée en action, il est violemment pris à partie par l'artillerie ennemie, et il continue son tir sans fléchir, perdant par le feu de l'adversaire son vingt-quatrième canon. Signé : J.-B. DUMAS. »


           Journal officiel du 13 juillet 1917, promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur, portant citation à l'ordre de l'Armée. « Officier supérieur remarquable par sa bravoure et son sang-froid au feu. Aux armées depuis la mobilisation, bien que dégagé de toute obligation militaire, s'est affirmé comme un excellent commandant de groupe, ayant la plus grande autorité et sachant obtenir de son personnel le rendement maximum dans les circonstances les plus difficiles. Vient de donner au cours des récentes opérations offensives de nouvelles preuves de sa valeur et de sa belle attitude au feu. Six blessures, deux citations, Croix de guerre. Signé : Paul PAINLEVÉ. »


           Lettre du 1er septembre 1917 du lieutenant-colonel Charlier, commandant l'artillerie lourde du 16e Corps d'Armée, au chef d'escadron Quinton, commandant le 5e gr. 118e A. L. « Je sais combien votre groupe a été éprouvé au début de la récente offensive, et j'ai vivement apprécié le magnifique effort qui lui a permis de se reconstituer rapidement et de prendre à l'attaque une part active et brillante. Quant à vous personnelle-



Appendice
219

ment, je vous remercie de l'inlassable activité que vous avez déployée dans le commandement de votre groupement et de la collaboration que vous n'avez cessé de me donner pendant toute cette période (offensives de Verdun, juillet et août 1917). Signé : CHARLIER. »


           Le 20 septembre 1917, citation à l'ordre de l'Armée : « Le 5e groupe du 118e régiment d'artillerie lourde, composé en grande partie de soldats qui faisaient partie de la colonne évadée de Maubeuge, lors de la reddition de cette place (7 septembre 1914), a donné depuis le début de la campagne, sur l'Yser, sur la Somme et en Champagne, l'exemple de la bravoure, de l'entrain et de la tenacité. Dans la récente offensive de Verdun (juillet-août 1917), malgré des pertes très sévères et au prix d'un très gros effort, a assuré, sous le commandement du chef d'escadron Quinton, et des capitaines Choiset et Morin, toutes les missions qu'il avait à remplir, apportant par la précision et la rapidité de ses tirs, une aide efficace à la progression de notre infanterie. Signé : GUILLAUMAT. »


           Le 29 novembre 1917, citation à l'ordre de l'Armée : « Officier supérieur dont la compétence n'a d'égale que l'ardeur et l'intrépidité. Commandant un sous-groupement d'artillerie lourde et ayant reçu l'ordre, pour l'offensive du 23 octobre 1917, de porter en avant le plus tôt possible un de ses observatoires, a tenu à honneur de conduire lui-même l'équipe de ses observateurs et, marchant sur les talons de l'infanterie, avec la première vague d' assaut, a organisé un observatoire avancé qui n'a cessé, dès les premières heures de l'action, de donner les renseignements les plus intéressants,



Appendice
220

non seulement à l'artillerie, mais aussi au commandement. Signé : MAISTRE, général commandant la VIe Armée. »


           Le 17 juin 1918, citation à l'ordre de l'Armée : « Officier supérieur remarquable de bravoure. A obtenu des batteries sous ses ordres le maximum de rendement ; a pris en temps voulu les dispositions les plus ingénieuses pour retirer le matériel de trois batteries à pied, sauvant ainsi le matériel d'une capture certaine. Signé : MAZILLIER, général commandant le 1er corps d'Armée colonial. »


           Le 1er juillet 1918. Le lieutenant-colonel Desmons, commandant l'A. L. du 1er C. A. C., au chef d'escadron Quinton, commandant le 338e régiment d'artillerie lourde. « Au moment où l'état-major du 338e R. A. L. quitte la zone du 1er C. A. C., le lieutenant-colonel commandant l'A. L. tient à lui adresser l'expression de sa plus vive satisfaction pour la part si efficace qu'il a prise, sous l'impulsion énergique et éclairée du chef d'escadron Quinton, à l'organisation et à la direction du groupement gauche de l'A. L. dans les circonstances difficiles de juin 1918. Signé : DESMONS.


           Le 27 août 1917, Croix du service distingué britannique.


           Le 18 octobre 1918, le général commandant la deuxième brigade d'artillerie de campagne au général commandant la 2e division : « Je propose qu'on donne au lieutenant-colonel R. Quinton, 452e Régiment français d'artillerie de campagne, la Croix du service distingué, pour sa bravoure et les services rendus en face de



Appendice
221

l'ennemi durant l'attaque de Blanc-Mont et les jours suivants. – Le colonel Quinton commandait le 452e rég. français d'artillerie de campagne. Il fit des reconnaissances personnelles à l'avant du front, chaque jour, afin d'obtenir des renseignements sur l'ennemi, de déterminer les positions de nos lignes d'infanterie et l'emplacement à donner à ses propres batteries. En plusieurs occasions, du 3 au 12 octobre, il essuya un feu violent d'artillerie, mais poursuivit néanmoins sa mission. Il nous fournit de très précieux renseignements sur l'ennemi et sur les positions de notre infanterie. Sa conduite fut un magnifique exemple de soldat courageux énergique et actif. Signé : BOWLEY, brigadier général. »


           Le 10 mai 1919. Ministère de la Guerre, Washington. Ordres généraux, n° 62, page 13, Croix du service distingué. « R. Quinton, lieutenant-colonel, 452e rég. d'artillerie de campagne, armée française, attachée à la 2e division, armée américaine, pour son extraordinaire héroïsme dans les combats près de Blanc-Mont (France), du 3 au 17 octobre 1918. Durant l'attaque sur Blanc-Mont, sans se laisser intimider par un feu violent d'artillerie, a fait au front des reconnaissances personnelles chaque jour, et a obtenu sur l'ennemi des renseignements qui lui permirent de fixer l'emplacement de ses propres batteries. Signé : PEYTON C. MARCH, général, chef d'État-Major, J. T. KERR, adjudant général. »


           Le 18 juin 1920, commandeur de la Légion d'honneur.


           Il mourut le 9 juillet 1925.


— Fin de l'Appendice. —


— FIN DE L'OUVRAGE —

Début de document Table des matières Accueil